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Jackie Pigeaud, an introduction to the Géorgiques of Virgil :

« Oui, c’est le printemps qui pare les bosquets de leur feuillage, le printemps qui pare les forêts ; au printemps, les terres se gonflent et réclament les semences génératrices. Alors le Père tout-puissant, l’Éther descend en pluies fécondantes dans le sein de son épouse prolifique et, uni dans une puissante étreinte à son corps puissant, vivifie tous les embryons. Alors les oiseaux mélodieux font résonner les buissons où ne s’ouvre aucun chemin et le bétail réclame Vénus à dates fixes. La terre nourricière est en gésine, et, aux souffles tièdes de Zéphyr, les champs élargissent leur sein ; partout surabonde une sève tendre ; les pousses nées des germes osent sans crainte se confier aux rayons du soleil nouveau, et le pampre ne redoute pas le lever des Autans, ni l’averse précipitée du ciel par les puissants Aquilons, mais il pousse ses bourgeons et déploie toutes ses feuilles. Je croirais bien qu’à l’origine première du monde en formation brillèrent des jours tout pareils avec une pareille continuité ; c’était le printemps, son printemps que vivait le vaste univers, et les Eurus ménageaient leurs souffles hivernaux, lorsque les premiers animaux s’abreuvèrent de lumière, que les hommes nés de la terre haussèrent leur tête hors des durs guérets, que les fauves furent lâchés dans les forêts et les constellations dans le ciel. Les êtres délicats ne pourraient supporter de telles épreuves, si une pause aussi longue ne s’intercalait pas entre le froid et la chaleur, et si la clémence du ciel n’était pas accueillante à la terre. »

Virgile. Géorgiques. Livre II 

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